Etudes choisies, logement décent, alimentation saine, sorties culturelles et entre amis devraient être le quotidien de tous les étudiants de notre pays. Hors, le constat actuel est qu’une partie des étudiants ne peut définir leur quotidien de la sorte.

En effet, selon un rapport d’enquête de l’Observatoire Nationale de la vie étudiante publié en 2011 (Les mondes étudiants-Enquête conditions de vie 2010), un tiers des étudiants interrogés a un jugement négatif sur leurs conditions de ressources (revenus d’activités, aides familiales et allocations de l’Etat). En outre, un grand nombre d’étudiants qui, parce que leurs parents appartiennent aux classes dites « moyennes modestes », ne bénéficient pas des aides de l’Etat. N’ayant pas d’aides financières familiales, ils se voient contraints d’exercer un travail rémunéré, indispensable pour vivre pour plus d’un étudiant sur deux. Cette expérience peut certes être positive lorsque que le temps consacré aux études reste prioritaire mais pour ceux qui ne reçoivent ni aide des parents ni bourses d’études, celui-ci ne passe plus qu’au second plan. Face à ces situations, et pour Mind the Gap, la précarité étudiante se définit dès lors qu’un étudiant est contraint de diminuer son investissement universitaire pour vivre décemment.

Quelque soit son importance et sa forme, la précarité constitue une entrave à la réalisation d’un citoyen. Et comme tous les autres citoyens, les étudiants doivent pouvoir faire des choix : le choix de leur étude, le choix d’exercer une activité rémunérée, le choix de l’établissement qui les accueillent, le choix de se cultiver et de sortir. C’est pour contribuer à faire de ces choix une réalité pour tous les étudiants, que nous travaillons avec nos partenaires institutionnels, syndicaux et associatifs sur ce projet.

Le projet de Mind the Gap est de sensibiliser le public à la cause de la précarité étudiante. Sensibiliser certes, mais comment ? Dans un premier temps, nous travaillons sur la mise en place d’un festival où la jeune création artistique serait mise à l’honneur et durant lequel nous souhaitons établir un espace de débats autour de la précarité étudiante avec les parties prenantes (institutions publiques, associations d’étudiants, syndicats étudiants, mutuelles étudiantes et associations loi 1901 travaillant sur le sujet). La collecte d’informations est le second point sur lequel nous travaillons afin de constituer une base de données sur le sujet. Afin de toucher le plus grand nombre, nous comptons sur vous pour venir vivre avec nous cette aventure, partager ces moments lors du festival les 15 et 16 Novembre prochain. Votre soutien nous est important, et la page Facebook (http://www.facebook.com/mindthegapparis) et le site web (http://www.mindthegap-festival.com/) sont tout autant de façon de suivre l’avancée de l’organisation du festival.

Pour autant, tout ce travail ne servirait pas à grand chose si le discours commun ne changeait pas : la jeunesse n’est pas dorée pour tout le monde, être jeune ce n’est pas seulement faire la fête et apprendre, pour les plus chanceux, un métier. Être jeune, c’est aussi, trop souvent, apprendre à se débrouiller seul, c’est apprendre à faire face aux obstacles. C’est de cette jeunesse dont nous espérons nous faire l’écho. C’est du dynamisme dont elle fait preuve, et de la nécessité de faire bouger les lignes dont nous voulons nous faire un des porte-paroles. Le moment est propice à l’exposition des capacités de la jeunesse, puisque le Président de la République et son équipe gouvernementale l’ont mis au centre du quinquennat actuel. C’est dans ces dispositions que prend tout le sens de l’engagement des membres de Mind the Gap depuis plus d’un an et demi. L’investissement consenti dans cette démarche solidaire, que nous souhaitons pérenne, est un moyen de montrer la volonté dont fait preuve notre génération.