« Je veux insister sur un enjeu de première importance pour l’avenir de notre pays : l’insertion des jeunes qui ne sont nulle part, ni en emploi, ni en formation, qui sont confrontés à l’isolement, souvent hors du foyer familial, et à la précarité, a rappelé le Premier Ministre dans son discours de clôture devant une partie du gouvernement dont la ministre des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative, Valérie Fourneyron. Ces jeunes inoccupés, dont de nombreux décrocheurs du système scolaire, sont les éternels oubliés des politiques sociales. La priorité à la jeunesse, affirmée par le Président de la République, c’est aussi une priorité pour ces jeunes en difficulté. »

La « garantie jeunes » prendra la forme d’un contrat d’un an renouvelable, signé entre le jeune en grande difficulté d’insertion et le service public de l’emploi, et précisant les engagements de chacun. L’institution s’engagera à offrir au jeune un accompagnement soutenu : un travailleur social identifié devra établir avec lui un projet d’insertion et lui faire régulièrement des propositions adaptées de formation ou d’emploi, dont les emplois d’avenir et les contrats de génération. De son côté, le jeune signataire sera tenu de respecter les étapes programmées du parcours et d’accepter les propositions adaptées qui lui seront faites. Il bénéficiera alors, pendant ses périodes d’inactivité, d’une garantie de ressources d’un niveau équivalent au RSA. « Nous lancerons ce dispositif en septembre 2013 dans 10 territoires pilotes, avant de l’étendre à l’échelle nationale, a annoncé le Premier Ministre. Nous visons, en rythme de croisière, 100 000 jeunes par an. Cela veut dire 100 000 jeunes qui vont enfin retrouver un avenir. »

Parmi les autres mesures du plan de lutte contre la pauvreté, dont la revalorisation de 10% sur cinq ans du revenu de solidarité active (RSA), ou encore la réforme du RSA activité et de la prime pour l’emploi, Jean-Marc Ayrault a prévu un assouplissement de l’accès au RSA pour les moins de 25 ans. Quelque 100.000 jeunes supplémentaires pourraient ainsi en bénéficier.

Concernant les problématiques de logement pour les personnes en situation d’extrême précarité, 4.000 places d’hébergement d’urgence pour les sans-abri et 4.000 places en centre d’accueil pour les demandeurs d’asile (Cada) seront créées. Par ailleurs, afin de lutter contre les discriminations à l’entrée dans le logement, notamment pour les travailleurs modestes et les jeunes, une « garantie universelle des risques locatifs », sera mise en place. Le Premier ministre prévoit également « un effort complémentaire », du même niveau que les fonds destinés à créer de nouvelles places d’hébergement et d’asile, « pour favoriser le logement durable et le retour au droit commun », avec des mesures destinées à « la prévention des expulsions, l’intermédiation locative, le logement adapté, l’accompagnement vers et dans le logement ».

Le gouvernement prévoit également, en matière de santé, de revoir le plafond de la Couverture maladie universelle (CMU) complémentaire, afin de couvrir 500 000 personnes de plus. Enfin, un registre national des crédits aux particuliers sera créé, dans le cadre de la lutte contre le surendettement.

L’ensemble du dispositif est évalué entre 2 et 2,5 milliards d’euros sur le quinquennat.

Conçu selon une méthode de concertation reconnue de tous, ce plan annuel prend place aux côtés des travaux engagés bientôt dans le cadre du Comité interministériel de la jeunesse.

Pour lire le plan pluriannuel contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale en entier