Valérie Fourneyron l’a rappelé dès sa prise de parole : « Le ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative contribue à la stratégie collective de redressement des comptes publics opérée par le gouvernement. » Ces mesures nécessaires, à hauteur de 30 milliards d’euros en 2013, dont 10 milliards d’économies sur les dépenses, seront équitablement partagées. La contribution du ministère se traduit par un effort juste dans la préparation du budget 2013-2015. Elle a porté de manière équilibrée sur une maîtrise exigeante des dépenses et une gestion raisonnée des crédits. La ministre a rappelé que trois principes avaient prévalu dans les arbitrages budgétaires : la prudence dans les investissements ; l’équité dans les choix de dépenses ; la justice dans la répartition des crédits.

En écho à la priorité donnée à la jeunesse, le programme « Jeunesse et Vie associative » du ministère est préservé pour engager, autrement, une politique jeunesse volontariste. Les capacités d’intervention du programme s’élèvent à 366 millions d’euros. Ces moyens, hors crédits de personnels, sont en hausse de 7% à périmètre comparable, par rapport à 2012. « Et entre 2013 et 2015, le programme continuera sa progression ambitieuse à hauteur de 40% par rapport à 2012 », a affirmé la ministre. Le programme « Jeunesse et Vie associative » propose aussi des économies dans ses dépenses en recentrant ses interventions et en contenant les dépenses de fonctionnement des opérateurs. Au total, ces économies représentent 9,5 millions, soit 4% du montant des crédits 2012 à périmètre constant. 26 millions de crédits supplémentaires seront consacrés au Service civique, qui reste un outil privilégié d’engagement salué par tous dans le parcours des jeunes et qui montera en charge conformément à la promesse du gouvernement. 10 000 volontaires supplémentaires seront recrutés en 2013. Le soutien à la vie associative et à l’éducation populaire sera également très important puisque 12,8 M€ seront alloués pour la mobilité internationale ; 10,8 M€ pour la formation des bénévoles ; 9,5 M€ pour le soutien aux associations ou fédérations nationales jeunesse et éducation populaire ; 26 M€ pour les subventions par le biais du FONJEP (fonds de coopération servant au financement des mouvements de jeunesse, des associations d’éducation populaire, des organismes de droit privé à but non lucratif concourant à l’action sociale), y compris pour les Centres de ressource et d’information des bénévoles.

Le budget du sport, quant à lui, se confronte à un héritage difficile, dû à une absence de crédits disponibles pour honorer des dispositifs annoncés. Certains seront pris en charge dès cette année (les primes aux médaillés olympiques et paralympiques). D’autres pèseront sur le budget 2013 (la retraite des sportifs de haut niveau par exemple). D’autres encore sont revus en fonction des priorités ou étalés dans le temps (investissements dans les établissements par exemple). « En tout état de cause, l’État tiendra les engagements qui ont été pris sur des projets solides », a rappelé Valérie Fourneyron. Le programme « Sport » s’élèvera en 2013 à 232 millions d’euros. À périmètre comparable, il diminuera de 5 % par rapport à 2012. Son montant sera stabilisé sur le triennal. « J’ai en effet souhaité que le monde sportif bénéficie, en contrepartie de son engagement sur la maîtrise des dépenses, d’une visibilité à 3 ans pour planifier et optimiser ses actions et son organisation », a convenu la ministre. Les subventions versées par le ministère diminueront de 6% l’année prochaine, soit 5,5 millions d’économies. Ces baisses des crédits ne seront pas appliquées uniformément. Seront préservés les programmes des fédérations cohérents avec les orientations du ministère. L’effort budgétaire sera concentré sur le développement de la pratique à tous les âges, pour tous les publics et tout au long de la vie, comme un des facteurs d’épanouissement personnel et de lien social ; la lutte contre les inégalités d’accès, quelles qu’en soient les causes ainsi que la promotion résolue et systématique de la santé par le sport, qui permettra d’inscrire les activités physiques et sportives au cœur d’une politique gouvernementale de santé publique. En matière de sport de haut niveau, Valérie Fourneyron a indiqué que l’accent serait mis sur l’accompagnement individualisé des sportifs, notamment dans la construction de leur projet de vie après leur carrière sportive. « Nous y consacrons même des moyens supplémentaires cette année, de l’ordre de 6 millions d’euros, avec la prise en charge des cotisations retraite des non professionnels et qui n’exercent pas d’activité leur permettant de les acquérir », admet la ministre. Des crédits essentiels concentrés sur cet accompagnement individuel des sportifs (aides personnalisées, crédits dédiés à l’insertion professionnelle, parcours d’excellence sportive des établissements) seront préservés des restrictions. L’intégrité sportive et la préservation de la sincérité des résultats sportifs seront également au cœur de l’action du ministère, avec une attention accrue portée à la lutte contre le dopage et à la lutte contre les matchs truqués.

« Pour porter ces orientations fortes de notre politique sportive, je souhaite m’appuyer sur toutes les forces vives du sport. Sur les fédérations sportives bien sûr mais aussi, et j’ai envie de dire surtout, sur les collectivités locales qui font beaucoup pour le sport en France et pour lutter contre les inégalités d’accès », note Valérie Fourneyron. La ministre a également annoncé que le CNDS serait recentré sur son objet initial, le développement des pratiques sportives et la lutte contre les inégalités d’accès sur les territoires, et qu’un effort prioritaire porterait sur le redressement des comptes de l’établissement. Enfin, les diminutions d’effectifs seront limités à 1,1% au sein des personnels mettant directement en œuvre les politiques du MSJEPVA au niveau national et dans les services déconcentrés et mises en œuvre dans un souci d’effort équitable entre les différents échelons de l’administration, de préservation de la capacité opérationnelle du ministère dans les territoires et dans le respect du dialogue social.

PHOTO MSJEPVA - H. Hamon