Vie-publique.fr vous propose de faire le point sur l’impact du tourisme international sur les villes et l’environnement avec un dossier d’actualité dédié à ce phénomène qui connaît, depuis ces dernières années, une croissance exponentielle.


Si l’impact du tourisme international apparaît positif sur le développement économique des territoires, il est également à l’origine d’effets néfastes pour l’environnement en terme de pollution, d’inflation et de dégradation des sites notamment.


Pour mémoire, c’est au XIXe siècle que le tourisme en Europe passe d’une pratique culturelle réservée à une élite à un phénomène de masse ; ainsi depuis la crise économique de 2008, ce secteur n’a de cesse que de se développer partout dans le monde jouant un rôle majeur dans l’économie mondiale.


Saviez-vous que c’est en milliard que se chiffre le nombre de touriste pour l’année 2018 ?

Le baromètre annuel de l’Organisation Mondiale du Tourisme - OMT a publié le chiffre de 1,4 milliard de touristes internationaux qui ont voyagé en 2018 alors même que l’organisme des Nations Unies - ONU s’attendait à ce que ce CAP ne soit franchit qu’en 2020 !


Ainsi les destinations préférées des voyageurs sont :


Troisième secteur économique mondial après la chimie et les carburants, devant l’industrie automobile, le tourisme équivaut à 10,4% du produit intérieur brut - PIB mondial et emploie 313 millions de personnes à travers le monde.



Selon la direction générale des Entreprises - DGE, la France se classe en tête des pays les plus visités dans le monde avec 87 millions de visiteurs internationaux en 2017, devant l’Espagne, les États-Unis et la Chine ; ce sont les sites de Disneyland, du Musée du Louvre, du domaine de Versailles et de la Tour Eiffel qui sont les plus fréquentés puis les sites du Puy du Fou, de la Cité médiévale de Carcassonne, le Parc Astérix, le Futuroscope, le Château des Ducs de Bretagne ou encore le Zoo de Beauval.


Depuis ces dernières années, pour désigner le phénomène de saturation des sites touristiques par un nombre croissant de visiteurs, est apparu un nouveau terme le "surtourisme", ou encore "l’overtourisme".


Avec cette pression touristique, il est apparu que certains lieux n’étaient pas adaptés à recevoir un si grand nombre de voyageurs et ne disposaient pas d’infrastructures nécessaires, conduisant ainsi les autorités locales à adopter des mesures pour protéger leurs villes et leurs populations.


L’Unesco a dû demandé à la ville de Venise de trouver des solutions concrètes pour la préservation de la lagune, faute de quoi Venise serait inscrite sur la liste du Patrimoine mondial en péril, ainsi en 2019 :


Touché également par ce phénomène, l’accès au site de la cité fortifiée de Dubrovnik, en Croatie est à présent limité à 8 000 visiteurs par jour pour préserver l’authenticité de la citadelle.


Egalement victimes de leur succès, les villes de Barcelone, Rome, Amsterdam... sont confrontées à d’importants déséquilibres au niveau local :



Il a été observé que le surtourisme accentuait le phénomène de gentrification, le départ des classes populaires des centres-villes au profit d’une classe sociale plus aisée contraignants les habitants, face à l’augmentation du coût de la vie,à se loger ailleurs vidant les quartiers de leurs habitants.


De plus l’activité touristique : 



En mer Méditerranée, 52% des détritus seraient liés au tourisme balnéaire selon un rapport de l’association WWF.


Maya Bay, la plus célèbre plage de la Thaïlande a été fermée par les autorités thaïlandaises jusqu’en 2021 pour permettre aux récifs coralliens de se reformer et ainsi empêcher l’érosion de la baie ; l’écosystème fragile des lieux a été endommagé pendant des années par les bateaux à moteur qui stationnaient dans la baie pour faire visiter la plage aux touristes.


Des mesures pour réduire l’impact des voyages sur le climat est la compensation carbone sont à présent proposées par les compagnies aériennes à leurs passagers intégrant sur le prix du billet une taxe pour compenser leurs émissions de CO2 en finançant des projets dans le domaine des énergies renouvelables, de l’efficacité énergétique ou de la reforestation.


En 2016, après la COP21, un accord a été pris visant à stabiliser les émissions de CO2 dans le transport aérien international à partir de 2020 et à réduire de moitié les émissions du secteur d’ici 2050. Dans le cadre du programme Corsia, les compagnies aériennes devront compenser leurs émissions de carbone à partir de janvier 2021.


Aujourd’hui, l’Union européenne envisage par ailleurs de taxer le kérosène pour diminuer les émissions de CO2 qui depuis 1944, est exonéré de taxes en vertu de la Convention de Chicago afin d’encourager le développement des liaisons internationales ; plusieurs associations de défense de l’environnement réclament la taxation du carburant pour limiter l’impact du trafic aérien sur le climat.


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