L’offre française de mobilité est l’une des plus importantes au monde. Les programmes sont nombreux, depuis les dispositifs européens, type Erasmus ou Jeunesse en action, jusqu’aux bourses individuelles accordées par les collectivités territoriales, en passant par les programmes bilatéraux comme ceux de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ), les chantiers de jeunes organisés par les associations, etc.

Cependant la diversité des types de programmes et des acteurs ne facilite pas la lisibilité des offres.

Les expérimentations menées dans le cadre du Fonds d’expérimentation pour la jeunesse (FEJ) ont montré que les freins étaient multiples (coût, maîtrise d’une langue étrangère, influence de l’entourage, niveau scolaire) et que la conjugaison de plusieurs d’entre eux rend souvent la mobilité improbable. Plus globalement, l’intérêt de la mobilité reste mal perçu tant par les jeunes que par leur famille, alors même que l’impact de celle-ci apparait clairement dans les évaluations des expérimentations : valorisation de soi, (re)mobilisation dans un parcours d’insertion sociale et ouverture culturelle particulièrement.

L’enjeu est l’accès de tous les jeunes à l’offre de mobilité.

Actions


Augmenter le nombre de jeunes qui effectuent une mobilité européenne et internationale et favoriser la mixité

La diversité et le développement des programmes seront encouragés

Les moyens prévus par l’Union européenne pour le futur programme 2014-2020 pour l’éducation et la jeunesse permettront de soutenir plus de jeunes dans leur projet de mobilité. Ce prochain programme sera mis en oeuvre par deux Agences nationales, l’une pour l’éducation formelle, l’autre pour l’éducation non formelle. La complémentarité des deux approches et des deux réseaux devrait permettre de toucher un public plus large, non limité aux seuls étudiants.

Dans le cadre des prochains fonds structurels, la mobilité internationale sera inscrite parmi les priorités nationales. La complexité de l’utilisation de ces fonds nécessitera le cas échéant la mise en place de structures d’intermédiation et de formation afin de garantir l’accès au plus grand nombre.

En 2013, l’OFAJ verra ses moyens augmenter sensiblement comme cela a été acté dans le cadre du 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée. Par ailleurs, les activités de l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) seront réorientées vers un soutien renforcé à la politique de jeunesse et à l’éducation non formelle.

Coordonner les acteurs pour faciliter l’accès aux programmes

Un comité permanent des opérateurs de la mobilité sera installé par la ministre chargée de la jeunesse qui regroupera les opérateurs des principaux programmes (2E2F, AFPEJA, OFAJ, OFQJ, FONJEP 1, France Volontaires, UBIFRANCE), les ministères concernés et les principaux partenaires (représentants des collectivités, Centre d’Information et de Documentation Jeunesse, Comité pour les relations Nationales et internationales des Associations de Jeunesse et d’Éducation Populaire, Forum Français de la Jeunesse). Les opérateurs seront incités à :

• coordonner leur communication (via la création d’un label commun) ;

• mutualiser leurs réseaux d’information et les articuler avec les grands réseaux associatifs et avec le réseau Information Jeunesse ;

repenser les conditions d’accès aux programmes en supprimant les barrières ;

• développer une stratégie concertée visant à adapter le tutorat et l’accompagnement.

Des plateformes régionales seront mises en place et coordonnées par les régions et les préfets de région (DRJSCS - Directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale), en coopération avec les collectivités et la société civile. Elles élaboreront des plans de développement régionaux de la mobilité fondés sur des diagnostics précis et partagés avec les partenaires concernés. Un effort particulier sera fait pour intégrer dans cette démarche les jeunes eux-mêmes et leurs familles ainsi que le monde de l’entreprise.

Communiquer en s’appuyant sur les pairs et les acteurs de jeunesse

La sensibilisation par les pairs sera au coeur de la stratégie de communication des opérateurs. L’expérience des jeunes ambassadeurs de l’OFAJ ou des associations d’anciens (OFQJ, SVE, Erasmus…) sera capitalisée et des actions communes seront développées et soutenues par les opérateurs de la mobilité et les plateformes régionales.

La mobilité sera mise au programme de la formation des acteurs de la jeunesse au sens large (éducateurs, animateurs, enseignants, informateurs). Le ministère chargé de la Jeunesse réunira annuellement tous les acteurs (État, notamment les acteurs de l’éducation, collectivités locales, associations et entreprises) sur des sujets d’intérêt commun : accès, validation des acquis, pratiques innovantes, publics cibles, partenariats, etc.

L’action sera conduite par le ministère chargé de la Jeunesse dès le premier semestre 2013 en lien avec plusieurs ministères (Éducation nationale, Enseignement supérieur et Recherche, Affaires étrangères, Outre-mer, Culture, Intérieur, Agriculture).

Lutter contre les inégalités liées à la discontinuité territoriale pour les jeunes ultramarins

Les moyens dédiés à la mobilité des jeunes ultramarins dans le domaine associatif, éducatif, culturel et sportif seront doublés afin de remédier aux carences des dispositifs de droit commun à leur égard. Une action spécifique sera également engagée pour faciliter leur accès aux dispositifs de droit commun.

L’objectif est de favoriser l’accès de ces jeunes aux manifestations éducatives, sportives et culturelles organisées hors du territoire de résidence (Hexagone, environnement régional des territoires ultramarins et international) dans un cadre associatif, culturel, sportif ou scolaire.

L’action sera menée conjointement par le ministère des Outre-mer et le ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative. Cette mesure prévue en 2014 sera précédée, en 2013, d’une phase de consultation des jeunes et de leurs organisations, du mouvement sportif, des fédérations d’éducation populaire et des associations culturelles. Seront également consultés les services déconcentrés de l’État car les priorités liées à la mobilité peuvent varier d’un territoire à l’autre.

Elle permettra de donner au ministère des Outre-mer et au ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative les moyens de réfléchir à de nouveaux objectifs, de nouveaux critères, plus en phase avec les attentes des contributeurs, mais également avec ceux des usagers, garants d’une utilisation plus efficiente des crédits. L’objectif est d’améliorer la coordination des aides locales.

Parallèlement, une action visant à renforcer l’accès aux dispositifs de droit commun sera engagée en faveur des jeunes des Outre-mer. Ceux-ci restent pour partie exclus des dispositifs de mobilité, en raison des contraintes liées à la discontinuité territoriale. Un représentant de l’opérateur du programme de mobilité « Outre-mer » siègera ainsi au comité permanent des opérateurs de la mobilité et veillera à la prise en compte des spécificités ultramarines dans les décisions liées à la mobilité.