Certains jeunes se trouvent dans une situation de précarité vis-à-vis de leur santé et cela d’autant plus lorsque leurs revenus sont faibles et qu’ils ne sont pas autonomes.

Ceci est d’autant plus problématique que les jeunes constituent une population particulièrement touchée par les conduites à risque et un public difficile à toucher par les messages de prévention. Le manque d’information aggrave cette situation.

Toute personne résidant en France peut bénéficier sous condition de ressources d’une couverture maladie complémentaire (CMU-C) gratuite depuis 1999. Ce dispositif a été complété, pour les personnes ayant des revenus supérieurs au plafond de la CMU-C, par un dispositif d’aide à l’acquisition d’une assurance complémentaire santé (ACS), sous condition de ressources également.
À ce titre, les jeunes peuvent bénéficier, comme le reste de la population, de la CMU-C ou de l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé.

L’enquête 2010 de l’Observatoire de la vie étudiante indique cependant que 8 % des étudiants ont déclaré ne pas disposer d’assurance complémentaire de santé, contre 7 % pour la population générale. 33% des jeunes déclarent renoncer aux soins pour des raisons financières. Mais ils seraient environ 18 % selon les enquêtes effectuées par les mutuelles étudiantes. Il est donc nécessaire d’aider les jeunes à bénéficier d’un accès effectif aux droits existants pour éviter le renoncement aux soins : cela implique d’accompagner les jeunes vers un meilleur recours à la CMU-C et à l’aide à la complémentaire santé. L’objectif est à terme de généraliser les solutions permettant la couverture complémentaire pour tous les jeunes.

Actions


Rendre le dispositif d’aide à l’acquisition d’une couverture maladie complémentaire plus lisible et plus accessible pour les jeunes

Sous le pilotage conjoint du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère des Affaires sociales et de la Santé, des actions visant à améliorer le taux de recours à la CMU-C et à l’ACS des jeunes, notamment chez les étudiants, seront menées : communication, accompagnement dans les démarches, analyse des conditions d’accès à ces dispositifs pour les étudiants en situation de précarité.

Les organismes d’assurance maladie et de complémentaire santé, dont les mutuelles étudiantes, seront notamment associés à ces démarches.

Définir les grandes priorités santé des jeunes pour les années à venir

Les grandes priorités santé des jeunes seront un des volets importants de la nouvelle stratégie nationale de santé annoncée par le Gouvernement.

Il comprendra obligatoirement :

• un volet de renforcement de l’éducation pour la santé ;

• des actions sur les déterminants de la santé (mobilité, nutrition, éducation à la sexualité et la vie affective…) pour lutter contre les inégalités ;

• des programmes et des actions de prévention et de réduction des risques conformément au Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives dont l’élaboration est pilotée, en lien avec les ministères concernés, par la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie) ;

• des actions de prévention et de prises en charge pour les problèmes de santé mentale, notamment pour les pathologies rencontrées dans ces âges.

Les actions retenues dans le plan s’adresseront aux jeunes jusqu’à 25 ans ainsi qu’aux parents et aux professionnels de la santé et du social en contact avec les jeunes.

La réflexion a débuté en juin 2012 sous l’égide du ministère des Affaires sociales et de la Santé. Les travaux s’appuient sur un large partenariat, tant au niveau des ministères (Sports et Jeunesse, Éducation nationale, Droits des femmes, Enseignement supérieur et Recherche,Travail, Agriculture, Outre-mer, Justice, Intérieur, Défense, Culture) qu’au niveau des territoires. Les agences régionales de santé et les acteurs locaux auront à jouer un rôle majeur pour ancrer cette politique au plus près des citoyens.

L’implication des jeunes sera recherchée dans les concertations préalables avec les associations d’usagers et de parents, les professionnels de santé et du social concernés.

Le projet de loi de santé publique annoncé par le Président de la République sera présenté au Parlement en 2014.

Augmenter le nombre de centres de santé dans les universités (de 14 en 2013 à 30 en 2015)

Les services de médecine préventive universitaire seront accompagnés pour leur permettre de compléter la prévention par la possibilité de prescrire.

Les objectifs visés sont les suivants :

• éviter le renoncement aux soins des étudiants pour des raisons de coût ;

• favoriser l’accès des étudiants au parcours de soins coordonné ;

• rendre les étudiants acteurs de leur santé.