Les jeunes sont des citoyens qui doivent, comme les autres, faire valoir leurs compétences et leurs aspirations. Ils doivent également pouvoir appréhender leur environnement et connaître le rôle des divers services de l’État, notamment celui des institutions régaliennes, à commencer par la police et la justice.
À l’inverse, qu’ils émanent des employeurs, des bailleurs, des institutions, nombre de préjugés brouillent l’image des jeunes et engendrent des comportements inadaptés qui leur portent préjudice.

Face à cette situation, l’enjeu principal est la confortation des liens entre les institutions et les jeunes et la prévention des discriminations.

Actions


Améliorer le rapport police/population en particulier en ce qui concerne les jeunes : Action des délégués à la cohésion police population

Réserviste de la police nationale, le délégué « cohésion-police population » (DCPP) est un intermédiaire, un relais en capacité d’établir un lien entre une population, parfois rétive voire en rupture totale, et les services de l’État. Il peut contribuer à amener les habitants du quartier auquel il est attaché à mieux exercer leur responsabilité de citoyens, à désamorcer certains conflits naissants avant qu’ils ne dégénèrent. Le DCPP organise des rencontres qui créent du lien entre police et population, ce qui permet d’appréhender le ressenti quant à l’action policière dans les quartiers. Actuellement au nombre de 50 [31 en Seine-Saint-Denis et 6 en zone de sécurité prioritaires (ZSP)], l’objectif du ministère de l’Intérieur est de renouveler ce dispositif qui a notamment vocation à être développé prioritairement dans les ZSP.

Lutter contre les contrôles d’identité à caractère discriminatoire

Afin d’améliorer les modalités d’interlocution police/jeunes le ministère de l’Intérieur :

• publiera, après échanges avec le Défenseur des droits, un code de déontologie commun à la police et la gendarmerie à la fin du printemps 2013

• permettra l’identification des membres des forces de l’ordre par le port d’un matricule

• diffusera une nouvelle instruction sur les brigades anti criminalité (BAC) et organisera un séminaire à destination des BAC et des pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) afin de favoriser les échanges sur les méthodes de travail entre police et gendarmerie

• sensibilisera de manière accrue les formateurs dans les écoles sur la déontologie et l’importance du lien entre forces de l’ordre et population.

Construire une fonction publique à l’image de la diversité d’origines ou de formations des jeunes

Lors de la conférence sociale des 9 et 10 juillet 2012, il a été rappelé que « la fonction publique doit contribuer à remédier, à travers la gestion de ses agents, aux inégalités de la société : mieux intégrer les personnes en situation de handicap, faciliter l’accès des jeunes à l’emploi public, conforter la place des seniors, assurer une égalité réelle entre les femmes et les hommes, lutter contre les formes de précarité sont des impératifs à traduire dans les faits ».

Dans le cadre de l’agenda social conduit par la ministre de la réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, deux chantiers vont ainsi s’engager avec les organisations syndicales sur les thèmes « gestion des âges » et « diversité et recrutement dans la fonction publique ». Cette concertation, qui doit conduire à des mesures concrètes, doit commencer au printemps 2013. D’ores et déjà, les ministères de la Justice et de l’Intérieur mettent en place des dispositifs de nature à diversifier le recrutement des fonctionnaires car une fonction publique d’État est plus forte quand elle ressemble à la population.

Ainsi, l’accès des jeunes adjoints de sécurité, dont les ex-cadets de la République, aux concours de gardiens de la paix au sein de la police nationale et du ministère de l’Intérieur sera renforcé. Ils auront également accès aux concours des douanes, de l’administration pénitentiaire et des collectivités locales (police municipale).
Par ailleurs, les gendarmes adjoints volontaires verront leur parcours valorisé pour leur permettre d’accéder au corps de sous-officiers de gendarmerie. Dès 2013, les ministères de la Justice et de l’Intérieur vont développer les classes préparatoires « égalité des chances » dans toutes leurs écoles nationales (école nationale de la magistrature, des greffes, de l’administration pénitentiaire, de la protection judiciaire de la jeunesse) à l’attention de jeunes remplissant les conditions pour se présenter à des concours de catégorie A et B et dont la situation personnelle, sociale ou géographique rend difficile la préparation à ces concours.

Mettre en place une politique de « testing » en matière d’accès à la formation, au logement, aux stages, à l’emploi et aux loisirs

Pour lutter contre les discrimations dont les jeunes sont victimes, une méthodologie scientifiquement validée sera élaborée en concertation avec les organisations de jeunes et de lutte contre les discriminations et avec les autres ministères concernés pour objectiver des indicateurs de discrimination correspondant à des refus sans raison valable d’accès à un service, un emploi, un logement. Une stratégie nationale de lutte contre ces discriminations s’appuiera sur des tests de situation permettant d’identifier les mécanismes en oeuvre pour mieux les contrer. Une étude annuelle sera réalisée à partir des résultats recueillis sur l’ensemble du territoire durant 5 ans.