La mise en oeuvre d’un service public de l’orientation efficace, au plus près des territoires et des besoins en qualifications des entreprises, est un enjeu direct de compétitivité pour la France et est inscrite à ce titre comme une décision du Pacte de compétitivité (mesure 20). En effet, les défauts d’orientation produisent de nombreux décrochages scolaires et de sorties sans qualification. Alors même que, parallèlement, de nombreuses entreprises ne trouvent pas de personnels qualifiés pour leurs emplois et leur développement.

De même, dans le cadre de la vie professionnelle, un service public de l’orientation de qualité est indispensable pour faciliter l’insertion et la reconversion professionnelle des jeunes actifs soumis à des mobilités professionnelles de plus en plus fréquentes.

À l’origine des difficultés d’orientation il y a notamment un déficit d’accompagnement personnalisé sur l’éventail des possibilités de formations, les contenus, exigences et débouchés des différents filières et métiers. Il existe également des mécanismes d’autocensure, certains élèves s’interdisant des filières sous l’influence de facteurs liés notamment à leur condition sociale et aux stéréotypes de genre.
De multiples acteurs et opérateurs produisent et diffusent de l’information, conseillent et accompagnent parfois les jeunes dans une thématique spécifique. Ces acteurs sont inégalement répartis sur le territoire et l’information à distance sans accompagnement ne répond pas à tous les besoins.

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Création du nouveau service de l’orientation (dans le cadre de la nouvelle étape de la décentralisation)

Le nouveau service public de l’orientation (SPO) mis en place par les conseils régionaux dans le cadre de la nouvelle étape de la décentralisation :

• rendra effectif le droit de toute personne (élève, apprenti, étudiant, jeune à la recherche d’un emploi ou d’une formation, jeune salarié en reconversion professionnelle ou demandeur d’emploi) d’accéder tout au long de sa vie à un service gratuit d’information sur les formations, les métiers et l’insertion professionnelle, à un conseil et à un accompagnement personnalisé pour l’aider à construire un parcours de formation et d’insertion professionnelle en fonction de ses compétences et de son choix ;

• répondra mieux aux besoins en qualification du développement économique des territoires. Ce service public territorialisé de l’orientation développera une information sur les filières, les métiers et les qualifications en relation avec les évolutions nationales et locales, au plus près des besoins économiques et sociaux des territoires. Une approche de type « métier /qualifications /compétences » sera privilégiée pour croiser les contenus de formation, les besoins des entreprises et les capacités des jeunes ou des adultes en formation ou à la recherche d’une solution professionnelle.

Le SPO aura pour mission de coordonner et mettre en réseau au niveau régional tous les services et les structures qui concourent à l’information sur les formations et les métiers afin de mettre à disposition des outils numériques et des ressources pour l’information, le conseil et l’accompagnement des jeunes sur les formations, les métiers et les qualifications.
Il contribuera à donner une image réelle et vivante des métiers d’aujourd’hui, assurera en particulier une information sur les métiers industriels et les métiers de services pourvoyeurs d’emplois, modifiera les représentations sociales erronées à l’égard des métiers ou des qualifications porteuses d’emploi mais dévalorisées aux yeux des jeunes et des familles, combattra les stéréotypes sexués associés aux formations et aux métiers.
Il aura pour vocation d’intégrer les services d’information généralistes, d’orientation et d’accompagnement en articulation avec les services de l’État, afin de proposer aux jeunes des solutions adaptées à leur situation, notamment en matière de logement, de santé ou de mobilité qui peuvent constituer des freins à leur formation professionnelle.

La mise en place de ce nouveau service public relèvera de la responsabilité des régions. Les organismes paritaires agréés au titre du congé individuel à la formation et les chambres consulaires contribueront à ce service public.
Pour coordonner l’exercice de leurs compétences respectives en la matière, l’État (autorité académique) et les régions (présidents de conseil régionaux) concluront annuellement une convention. Un travail de préfiguration du nouveau SPO a débuté en janvier 2013, de façon à ce qu’il puisse être mis en place dans 4 à 6 régions volontaires dès septembre 2013.
Cette mise en place anticipée reste conditionnée à l’adoption de la loi de décentralisation prévue pour l’automne 2013 ainsi qu’à un accord sur les modalités juridiques et financières d’une telle opération.

Rationalisation des dispositifs d’information des jeunes 

Les lieux d’information et d’accompagnement des jeunes se sont multipliés depuis le début des années 2000 créant peu à peu un paysage brouillé dans lequel les jeunes ont des difficultés à se retrouver.
L’objectif principal est donc d’offrir une gamme de services de proximité, de bonne qualité, diversifiée en fonction des besoins des territoires et des publics.

Un diagnostic des besoins et de l’offre sera mené au niveau local et permettra la mise en place d’un plan concerté de rationalisation et d’optimisation de l’offre. Les structures feront l’objet d’une labellisation.