Chaque année, environ 740 000 jeunes font leur entrée dans la vie active.

Ils subissent actuellement de plein fouet les fluctuations du marché du travail. Avec la crise, depuis mi-2008, l’emploi des jeunes a reculé davantage que l’emploi total. Aujourd’hui, près d’un quart des jeunes actifs sont demandeurs d’emploi.

Cette situation est très inégale selon le niveau de diplôme : en 2010, trois ans après avoir quitté le système éducatif, 85 % des diplômés de l’enseignement supérieur ont un emploi contre 48 % des non diplômés. Les raisons de ces difficultés sont multiples : un système éducatif qui prépare mal à la vie professionnelle, un système d’orientation défaillant, des liens entre la sphère éducative et le monde de l’entreprise qui restent beaucoup trop ténus, des acteurs multiples mal coordonnés et une répartition de l’effort public inégale.

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Mettre en place le contrat de génération

Alors que le taux de chômage des jeunes est de près de 25 % et que le taux d’activité des seniors stagne à 45 %, le contrat de génération s’inscrit pleinement dans l’action volontariste du Gouvernement pour l’emploi.
Il est issu d’un accord national interprofessionnel unanime conclu à la suite de la négociation engagée par les partenaires sociaux à l’issue de la Grande conférence sociale de juillet 2012.

Le contrat de génération vise à changer de regard sur les âges, infléchir les pratiques des entreprises et à refaire du CDI la norme pour accroître les embauches de jeunes sur ce type de contrat, mettre fin aux départs anticipés de seniors et assurer en amont la transmission de leurs compétences.

Il s’adresse à tous les jeunes et à toutes les entreprises.

Des modalités adaptées sont prévues en fonction de la taille des entreprises :

• Les entreprises de moins de 50 salariés, qui emploient près des deux tiers des salariés, pourront prétendre à une aide associée au recrutement d’un jeune en CDI et au maintien en emploi d’un salarié âgé de 57 ans et plus ;

• Les entreprises de 50 à 300 salariés devront être couvertes par un accord relatif au contrat de génération (accord d’entreprise, ou plan d’action d’entreprise, ou accord de branche) pour pouvoir bénéficier d’une aide ;

• Les entreprises de 300 salariés et plus devront obligatoirement conduire une négociation sur la gestion des âges dans l’entreprise et le transfert des compétences et seront, à défaut, soumises à une pénalité.

Le contrat de génération pourra également concerner la transmission des petites entreprises et le maintien du tissu économique : il pourra être conclu par un chef d’entreprise de plus de 57 ans embauchant un jeune en CDI en vue de lui transmettre son entreprise.

Après une montée en charge progressive la première année, environ 100 000 contrats de génération pourraient faire l’objet d’une aide chaque année, soit 500 000 en 5 ans.

Soutenir les initiatives des jeunes créateurs d’entreprises

Le ministère délégué chargé des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique soutiendra les jeunes dans la création de leur entreprise en accompagnant dès le départ leurs projets de création soit par le microcrédit, des prêts, ou par des garanties de la Banque publique d’investissement, en suscitant également l’aide des régions pour les nouvelles entreprises et notamment celles créées par les jeunes.

Le ministère délégué aux PME, à l’ innovation et à l’économie numérique a mis en place, dans le cadre des assises de l’entreprenariat, un groupe de travail qui proposera des mesures visant à donner aux jeunes l’envie d’entreprendre. Il s’agira de développer des démarches de sensibilisation des élèves à l’entrepreneuriat sous toutes ses formes , au collège et au lycée, d’étendre l’enseignement de l’entrepreneuriat dans l’enseignement supérieur et de lever les obstacles spécifiques à la création d’entreprise par les jeunes.

Dans le domaine de l’économie sociale et solidaire (ESS), les ministères concernés favoriseront la création d’entreprises par les jeunes. Ils informeront les jeunes des possibilités d’accompagnement et de financements de la création d’activités dans l’ESS et les formeront aux spécificités de l’entrepreneuriat dans ce secteur.

Un centre de ressources des initiatives ESS portées par les jeunes mettra en ligne des informations pour faciliter l’orientation des jeunes porteurs de projet ; il réalisera un état des lieux des dispositifs d’appui et de financement pour la création d’activités d’ESS ouverts aux jeunes, une étude sur les freins à la création d’activité d’ESS par les jeunes et mènera un travail partenarial avec les acteurs pour repérer et capitaliser les bonnes pratiques.

Un partenariat renforcé entre les établissements d’enseignement supérieur et le service public de l’emploi pour anticiper la recherche d’emploi

L’insertion professionnelle à la sortie de l’enseignement supérieur sera facilitée par une meilleure connaissance du marché du travail et des techniques de recherche. Un accompagnement aidera ceux qui en ont le plus besoin en aval de leur diplôme.
Une étude sera menée sur plusieurs territoires pour identifier les appuis dont ont bénéficié les jeunes sortant de l’enseignement supérieur et les obstacles rencontrés. Ses résultats permettront de construire des réponses adaptées, en concertation avec les jeunes.

Les compétences et l’accompagnement à l’insertion seront développés en s’appuyant sur des partenariats avec le monde économique. La coopération avec les institutions intermédiaires sur le marché du travail se renforcera également : Pôle Emploi, Association pour l’emploi des cadres (APEC), Association pour faciliter l’insertion professionnelle des jeunes diplômés (AFIJ).

Pour atteindre ces objectifs, il est notamment proposé de :

• développer les stages dans le maximum de cursus de formation, ainsi que l’alternance ;

• animer des réseaux d’anciens étudiants pour les formations universitaires ;

• mieux prendre en compte les attentes du monde professionnel dans l’élaboration des contenus et des méthodes des formations, y compris générales.
Cette démarche s’appuiera sur la coopération entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la Conférence des présidents d’université (CPU) et les organismes interprofessionnels et de branche.

Expérimenter les emplois francs pour lutter contre les discriminations dont sont victimes les jeunes issus des quartiers prioritaires

Le ministère délégué à la Ville, en lien avec celui du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social et Pôle emploi, va expérimenter les emplois francs sur la période 2013-2015.

Les emplois francs constituent un dispositif d’incitation pour favoriser l’embauche des jeunes qui résident dans les zones urbaines sensibles (ZUS) où le taux de chômage des jeunes est deux fois plus élevé que la moyenne.

Ce soutien se traduira par une aide forfaitaire annuelle (d’environ 5 000 € par embauche, versée en deux fois la première année) aux entreprises du secteur marchand sur une nouvelle logique, centrée désormais sur l’aide aux personnes.

Le public visé est celui des jeunes âgés de moins de 30 ans résidents des ZUS depuis au moins six mois et connaissant des difficultés particulières d’accès à l’emploi, tous niveaux de qualification confondus.

Cette mesure fera l’objet d’une expérimentation sur trois ans et sera développée de façon progressive, avec une première vague dès 2013, de 2 000 emplois francs pour 10 sites tests, comprenant d’ores et déjà les ZUS d’Amiens, de Marseille, de Clichy-Montfermeil et de Grenoble.