Les pratiques culturelles sont marquées par des inégalités sociales tenaces. De même, l’accès à une pratique physique ou sportive est conditionné socialement : être diplômé, étudier ou travailler, avoir un niveau de vie élevé sont autant de facteurs qui favorisent la pratique sportive. Par ailleurs, le champ du sport reste fortement structuré autour d’une opposition de genre, notamment dans les milieux les moins favorisés.

Eléments fondateurs du vivre ensemble et de l’inclusion sociale, ces pratiques doivent être accessibles pour tous. C’est pourquoi il importe de réduire les inégalités et de consolider les moyens mis en oeuvre pour que l’ensemble des jeunes puissent s’engager dans des activités culturelles, sportives et de loisirs.

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Garantir l’égalité d’accès à une pratique sportive pour tous les jeunes

L’éducation physique et sportive (EPS) obligatoire de l’école primaire à la terminale garantit une pratique sportive scolaire à tous les élèves. Les futures Écoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE) formeront les professeurs des écoles pour qu’ils soient à même de proposer aux élèves une EPS de qualité et un encadrement sécurisé. Le partenariat entre l’USEP et les fédérations sportives générera des ressources mobilisables pour assurer des formations dans les ESPE. Les jeunes décrochant massivement de la pratique physique et sportive après leurs études secondaires, les emplois du temps des étudiants seront aménagés pour favoriser la pratique sportive. La prise en compte des jeunes éloignés de la pratique sportive en favorisant la diversité de l’offre sur tous les territoires et en veillant à leur accès par des jeunes filles est prioritaire. Le soutien aux associations sportives développant une offre adaptée au public jeune défavorisé sera recherché par le ministère chargé des Sports et de la Jeunesse.

Cette mesure fera l’objet d’une convention entre le ministère chargé des Sports et le ministère délégué à la Ville.

Pour les jeunes qui ne sont ni en formation, ni en étude, ni en emploi, les missions locales proposeront une offre sportive intégrée dans le parcours d’accompagnement du jeune.

En partenariat avec les régions, la pratique sportive sera également intégrée dans le cursus des centres de formation d’apprentis. Un programme visera le développement des sports de nature dans les accueils de mineurs, notamment en direction des adolescents et des jeunes éloignés de la pratique de ces sports (touchés par un handicap / féminin / jeunes des quartiers). Les jeunes seront acteurs de cette campagne en participant à la conception des outils de communication et à un concours sur les projets d’éducation par les sports de nature.

Ce projet sera mené en partenariat avec les ministères des Sports, de la Jeunesse, de l’Éducation populaire et de la Vie associative, de l’Éducation nationale, de l’Environnement, de la Ville, le Centre national pour le développement du sport (CNDS), les collectivités territoriales, le CNFPT, le réseau des acteurs de l’éducation populaire et le réseau des acteurs de l’environnement. Il débutera en juin 2013 pour une durée de deux ans.

Favoriser l’accès des jeunes à des loisirs éducatifs de qualité

L’offre de loisirs éducatifs proposée sur les territoires prend souvent très bien en compte les besoins des enfants par l’organisation des activités périscolaires et extrascolaires. La prise en compte des attentes et des besoins des adolescents est en revanche aujourd’hui encore insuffisante, car plus difficile à appréhender et invitant à des organisations innovantes, associant les jeunes aux projets.

La mise en place des projets éducatifs territoriaux impulsée par l’État dans le cadre de la réforme des rythmes éducatifs doit conduire à proposer une offre globale incluant la prise en compte du public adolescent et jeune. À ce titre, ont vocation à s’y inscrire des activités de loisirs culturels et sportifs diversifiées proposées par les associations, notamment de jeunesse et d’éducation populaire, grâce à des équipes d’encadrement qualifiées.

La valorisation de l’engagement des jeunes animateurs dans l’animation volontaire participe également de cet objectif par les responsabilités d’encadrement qui leurs sont confiées.

Renforcer l’accès de tous les jeunes à l’art et à la culture

Le projet national pour l’éducation artistique et culturel (EAC) porté par le ministère de la Culture et de la Communication permettra de développer et de généraliser l’éducation artistique et culturelle pour tous les jeunes, de la petite enfance à l’université sur l’ensemble de leurs temps de vie, dans l’école et hors de l’école.

Un partenariat étroit avec les collectivités territoriales permettra de proposer aux jeunes une offre diversifiée, sous forme de parcours d’éducation artistique et culturelle, en adéquation avec leurs besoins et les ressources identifiées sur leur territoire de vie.

Tous les enfants et les jeunes sont concernés, notamment les jeunes habitant les zones déficitaires (zone urbaines sensibles, zones rurales, régions d’outre-mer), les jeunes en situation d’exclusion sociale, scolaire et professionnelle, les familles bénéficiant des minimas sociaux et les jeunes en situation de handicap, hospitalisés ou sous protection judiciaire. Les capacités et les aptitudes développées à l’occasion de l’engagement dans les activités associatives et culturelles seront valorisées (livret ou portefeuille de compétences).

La participation des jeunes dans les comités d’usagers, dans les instances de gouvernance des institutions culturelles sera recherchée.

Développer une offre audiovisuelle et numérique de service public en direction des jeunes

Il existe une offre radiophonique et numérique publique en direction des publics jeunes, principalement orientée vers l’acquisition des savoirs.

Ainsi, la plateforme « France tv éducation » destinée aux élèves et à leurs parents met l’accent sur l’éducation aux médias numériques et sur le décryptage de l’information. Le Webmédia étudiant de France Culture, conçu à l’issue d’une réflexion avec les universités, les grandes écoles et le réseau national des radios campus, propose des contenus exclusifs, au plus près des attentes des étudiants à travers une sélection des productions multimédias provenant des Universités et des Grandes Écoles : cours, conférences, rencontres, podcasts d’émissions de France Culture, sélectionnés dans tous les domaines. Le réseau de service public Le Mouv’ offre, depuis sa création, une alternative aux réseaux de radio commerciaux pour le public jeune.

Dans le domaine culturel, France 4 a été créée en 2005 pour être la chaîne des nouvelles générations dont la vocation est d’attirer et de fidéliser les jeunes adultes en exposant les nouveaux talents des scènes actuelles (musique et spectacle).

Dans un paysage audiovisuel où les chaînes thématiques sont facilement identifiables par le public, France Télévisions étant le premier contributeur de la création en animation, il semble nécessaire qu’elle développe son offre de service public dédiée aux enfants, et lui offre une meilleure lisibilité.

Une réflexion sur l’ensemble de l’offre de service public en direction des 6-30 ans est en cours.