Défini comme la situation d’un jeune qui quitte le système de formation initiale avant l’obtention d’un diplôme de niveau équivalent au CAP ou BEP (soit au moins le niveau V), le décrochage scolaire concerne environ 140 000 jeunes chaque année.
Les moyens d’identification des décrocheurs existent déjà via le système interministériel d’échanges d’informations (SIEI), et les 360 plateformes d’appui et de suivi des décrocheurs sont actives dans la plupart des bassins de formation et d’emploi.

L’objectif fixé par le Président de la République est de diviser par deux le nombre de jeunes décrocheurs avant la fin de la mandature.

Actions


Des réseaux « objectif formation-emploi » pour offrir une solution à chaque décrocheur

L’Éducation nationale lance une mobilisation nationale, déclinée dans chaque académie, pour offrir des solutions de retour en formation à chaque jeune décrocheur. L’objectif est de « raccrocher » 20 000 jeunes en 2013 en structurant davantage l’action des différents acteurs.

Les réseaux « objectif formation-emploi » regroupent les acteurs de l’éducation nationale présents sur un territoire afin de coordonner et de développer l’offre de solutions proposées aux décrocheurs.

La démarche est triple :

• proposer à chaque décrocheur une solution adaptée pour revenir en formation ;

• permettre à tous les jeunes d’atteindre au minimum le premier niveau de qualification reconnu [niveau V : certificat d’aptitude professionnelle (CAP) ou brevet d’études professionnelles (BEP)] ;

• des solutions modulées devront être trouvées pour accompagner les jeunes handicapés vers l’autonomie et le milieu ordinaire de la formation et de l’emploi.

La mobilisation des places disponibles dans les formations menant à des métiers ayant des besoins de recrutement avérés et le développement de structures spécifiques pour les jeunes en situation de décrochage seront privilégiés.

Le service civique : une solution pour les décrocheurs

Le service civique permet à chaque jeune de s’engager pour une période de 6 à 24 mois, dans le cadre de missions d’intérêt général, auprès notamment d’associations, de collectivités territoriales ou d’établissements publics. L’objectif est de proposer à de jeunes décrocheurs qui ne sont pas prêts à revenir en formation un nouveau cadre leur permettant de se mobiliser sur des défis sociaux et environnementaux tout en étant accompagnés.
Cet engagement doit leur permettre de reprendre confiance en eux, d’acquérir des compétences nouvelles et d’être dans des conditions leur permettant de se projeter dans l’avenir.

L’objectif pour l’année 2013 est de 3 000 jeunes décrocheurs bénéficiaires d’une offre combinée service civique-formation.

Prévention et lutte contre le décrochage

L’objectif de cette action conduite par le ministère délégué à la Réussite éducative est de réduire le nombre des sortants sans diplôme par la prévention du décrochage scolaire.

À cet effet, les établissements publics locaux d’enseignement (EPLE) seront mobilisés pour favoriser le bien-être à l’école et organiser un accompagnement personnalisé des élèves en risque de décrochage. Il s’agira notamment de mettre en place des outils et des actions de sensibilisation des équipes éducatives dans les établissements, pour les aider à identifier les signes de mal-être des jeunes et engager des mesures de prévention, avec une attention particulière au handicap, à son repérage et à son accompagnement.

Pour faciliter les transitions entre les différents niveaux d’enseignement, les processus d’orientation seront revisités pour proposer des parcours individuels d’information, d’orientation et de découverte du monde économique et professionnel.
Des structures innovantes de raccrochage (de type micro-lycée, pôle innovant lycéen…) ou de prévention au niveau des collèges seront créées avec l’objectif d’au moins une structure par académie. Par ailleurs, la problématique de la lutte contre le décrochage sera intégrée à la formation des personnels.
En particulier, la sensibilisation et la formation à la connaissance et à l’accompagnement du handicap seront élargies à tous les personnels, au-delà de ceux dédiés aux jeunes handicapés.
La lutte contre le décrochage constitue l’un des volets des « Pactes régionaux pour la réussite éducative et professionnelle des jeunes ». Leur principe a été acté par la table ronde Formation de la Grande Conférence sociale de juillet 2012.
Les présidents et préfets de région ont été invités à construire ces Pactes régionaux au moyen notamment d’un débat au sein des CCREFP, déjà bien engagé début 2013.

Prévenir les sorties sans diplôme du 1er cycle post-baccalauréat et améliorer la réussite des étudiants

L’élévation du niveau de qualification de la population doit répondre à l’objectif d’atteindre 50% de diplômés du supérieur dans chaque classe d’âge. Le plan Réussite en licence a initié des projets de réorientation pour les étudiants en situation d’échec.

Les objectifs de cette mesure seront :
• d’encourager la reprise d’études pour les bacheliers professionnels ou technologiques qui ont déjà eu une première expérience professionnelle.

• d’encourager le retour en formation et la formation tout au long de la vie en général en renforçant les financements de formation continue dans le cadre de l’enseignement supérieur et en adaptant les rythmes et les méthodes d’enseignement aux salariés ;

• de rénover le D.A.E.U. pour le simplifier et permettre à un plus grand nombre d’accéder à l’enseignement supérieur sans le baccalauréat ;

• d’améliorer la lisibilité de l’offre de formation en multipliant les passerelles entre les formations et en favorisant une spécialisation progressive en cours de cursus ;

• de proposer à l’issue du premier semestre les places vacantes en S.T.S.1 et en I.U.T. aux étudiants inscrits en première année de licence et en échec.

Les dispositifs de réorientation doivent être développés, ainsi que ceux permettant la reprise d’études conçus en partenariat avec le ministère du Travail et avec l’appui des régions, dans le cadre de la formation continue.
Les passerelles associeront l’ensemble des ministères proposant une offre de formations supérieures dans une logique de flexibilité des parcours.

Expérimenter la possibilité de laisser aux parents le choix de la décision d’orientation en fin de 3ème

L’objectif est de promouvoir une orientation choisie et non subie en fin de 3ème et de mieux reconnaître la place des parents dans les processus d’orientation. Le choix de la voie d’orientation donnera lieu à un dialogue renforcé avec l’équipe pédagogique afin d’accompagner au mieux l’élève et sa famille dans son choix.

Cet accompagnement prendra notamment en compte la nécessité de promouvoir la mixité dans les filières de formation.

Comme c’est actuellement le cas, ce dialogue se poursuivra jusqu’à l’entretien avec le chef d’établissement lorsque la proposition du conseil de classe diffère du choix de la famille. Mais le choix final reviendra à la famille. Dans ce cadre, les commissions d’appel n’auraient plus lieu d’être.

Cette possibilité sera expérimentée dès la rentrée 2013 dans différents territoires.