Sarah, Cynthia, Myriam, Nabil, Raphaël, Thomas et moi étions sur la Croisette l’an dernier. Certains d’entre nous l’avaient déjà arpentée les années précédentes, mais personne n’y avait jamais eu une place aussi prépondérente que celle dont nous avions bénéficié après avoir envoyé nos dossiers de candidatures dûment remplis à nos CRIJ (Centre Régionaux Information Jeunesse) respectifs.

Nous ne nous connaissions pas encore, mais avions déjà échangé quelques mails impatients dès lors que nos noms avaient été annoncés. Nous étions le jury jeune du Festival de Cannes 2011, un sacré honneur pour chacun d’entre nous.

Tout s’est accéléré à la réception du colis. En l’ouvrant, tout mon corps tremblait d’impatience. Mes mains sortaient les billets de train, mes yeux lisaient le livret d’accompagnement et de recommandations. Il me fallait vite me trouver un nœud papillon, un costume et des chaussures décentes pour monter les marches. Les marches rouges, l’escalier de mes rêves, l’image approchait. A la gare de Lyon, je retrouvais deux membres de mon jury, aussi enthousiastes que moi. Nous commencions à discuter, nous trouvant bien évidemment de nombreux points communs en termes de cinéphilie. Le trajet passait évidemment très vite, à discuter sélection officielle tapis rouge et Palmes des années précédentes.

Arrivés à Cannes, nous sommes accueillis par les agents du ministère de la jeunesse, qui n’auront cesse de faire en sorte que nous profitions au maximum de notre séjour. En effet, à Cannes c’est un luxe de n’avoir aucun souci à se faire, de ne pas avoir à courir en permanence pour récupérer des invitations. Nous sommes des « stars » le temps d’une semaine. Après le café de présentation, on nous distribue badges et plannings et on nous briefe. Victorien, notre et tuteur juré l’année passée, nous explique les yeux pleins d’étoiles à quel point nous allons passer une semaine incroyable. On peine à ne pas le croire.

Le premier réveil est le plus facile. Nous sommes d’ailleurs tous réveillés avant que les sonneries ne marquent 7 heures. Prêts à en découdre. Une trentaine de films, 10 jours. Une sorte de « faille spatio-temporelle », une ellipse subie, ces 10 jours-ci paraissent une heure. Les 30 films se sont succédés sans qu’on n’ait eu le temps de s’ennuyer, les marches ont été gravies au bras de notre parrain, le sympathique Zinedine Soualem, la main de la Secrétaire d’Etat Jeannette Bougrab serrée, quelques stars abordées. Le temps s’était comme arrêté.

Il fallait délibérer, avoir une grande discussion entre cinéphiles passionnés. Argumentations, élans oratoires pour défendre nos films favoris, le débat fût riche et intense. Le choix fût finalement de récompenser le film de Pedro Almodovar La Piel que Habito, ainsi que Martha Marcy May Marlene, du réalisateur débutant Sean Durkin (notre jury est mentionné sur l’affiche !). Ce dernier semble ravi de recevoir son prix et nous discutons longuement avec lui à l’issue de la remise des prix. Mieux, nous passons la soirée avec lui. D’autres iront voir la récompensée Kirsten Dunst en soirée sur un bâteau.

Le dernier réveil n’en est pas un, nous n’avons pas dormi. Pour la première fois de la semaine, les cernes sont marquées et les humeurs maussades. Le train nous attend. Cannes, c’est terminé. Restent des souvenirs. Et quels souvenirs !

Revivre Cannes 2011 à travers les podcasts

Devenir juré-jeune de l’édition 2012