La mobilité est- elle une des clefs de l’émancipation, un levier vers l’autonomie des jeunes ?

C’est à cette question que la commission insertion du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse a souhaité répondre. Pour cela un groupe de travail ad hoc a été constitué sous le pilotage de Sandrine Charnoz vice-présidente de la commission insertion des jeunes et Léa Pierret représentant le Forum Français de la jeunesse.

L’objectif de ces travaux est de répondre à la lettre de mission transmise en août 2018 par le ministre de l’Education nationale et de la jeunesse au Président du COJ et de proposer des préconisations sur la thématique des mobilités pour le prochain comité interministériel de la jeunesse.


Pour mener ces travaux, une dizaine de réunion du groupe de travail « mobilités des jeunes » ont été organisées de fin septembre 2018 à janvier 2019 avec la participation des membres de la commission insertion des jeunes et notamment du Laboratoire de la Mobilité inclusive (LMI) pour son expertise sur le sujet.

Par ailleurs, les travaux ont été conduits sous l’éclairage des rapports, études, analyses, avis portant sur le sujet des mobilités des jeunes réalisés par : ANLCI, Apprentis d’Auteuil, CFDT, CEREQ, CESE, CIDJ, CREST, DARES, DGEFP, DIHAL, DJEPVA, Fonds d’expérimentation de la jeunesse (FEJ), France Stratégie, Forum des vies mobiles, IGAS/IGF, INJEP, Insee, Laboratoire de la Mobilité inclusive (LMI), Pôle Emploi, UNCLLAJ, UNML.

Les 37 préconisations du rapport sont organisées autour de cinq thèmes :

  1. Agir pour et avec les jeunes
  2. Les mobilités sociales
  3. Les mobilités géographiques
  4. Les mobilités résidentielles
  5. Les mobilités internationales


La mobilisation actuelle de la jeunesse appelle à mieux prendre en compte la parole des jeunes, à mieux les écouter et à les associer à la construction des propositions. En conséquence, la première préconisation propose d’organiser une consultation nationale de la jeunesse sur les mobilités et dont la temporalité reste à définir.

Dans la thématique des mobilités sociales, c’est posée la question de la sécurisation des parcours des jeunes que ce soit en termes de ressources financières ou de prévention des ruptures de contrats. La pleine maîtrise des compétences de base est aussi une condition essentielle pour l’accès aux mobilités.

Par ailleurs, les préconisations portent sur l’accès à la formation notamment pour les primo demandeurs d’emploi, la meilleure information pour une meilleure orientation des jeunes et la mise en place d’actions pour désenclaver et faciliter les transitions sociales.

Les mobilités géographiques représentent la partie la plus dense du rapport avec 18 contributions qui portent sur l’apprentissage de la mobilité en milieu scolaire, l’accès au permis de conduire et au transport collectif, la question de la coordination des acteurs de la mobilité et la mise en œuvre d’une mobilité plus efficiente sur les territoires.

Cette partie du rapport pose également la question des données qualitatives disponibles sur les modes de déplacements des jeunes sur un territoire, la construction de dispositifs expérimentaux, en lien, avec les connaissances issues de la recherche, pour favoriser la mobilité des jeunes.

Les mobilités résidentielles constituent également un axe important du rapport car elles peuvent freiner voire être une entrave dans le parcours des jeunes. La construction de logements, la sanctuarisation des aides au logement et l’accès au parc social existant pour les jeunes, sont des enjeux majeurs. L’accès des jeunes à la colocation doit pouvoir être renforcé car elle constitue une solution d’accès au logement pérenne ou un dispositif tremplin vers le logement autonome.

La mobilité européenne et internationale touche encore trop peu de jeunes. Il est proposé d’instaurer un droit à la mobilité internationale pour tous les jeunes, de faire mieux reconnaître les acquis de la mobilité européenne et internationale et de favoriser la réussite de l’expérience de cette mobilité.

Pour compléter le rapport, des contributions sur le sujet de la mobilité des jeunes ont été produites par certains membres du groupe de travail et de la commission insertion, permettant de bénéficier de pistes ou de recommandations qui n’ont pas été obligatoirement l’objet d’une préconisation.

Consulter le rapport


Remerciements

 

Les contributeurs :

Inès MININ (CFDT)- Sophie Bosset-Montoux (CIDJ)- Alexandra NOEL (DGEFP) -Naouel Amar (DJEPVA)- Malika Kacimi (FEJ- DJEPVA) - Sylvie Landriève (Forum des vies mobiles) - (DIHAL)- Quentin Antoine (Pôle emploi) - Tommy Veyrat (UNCLLAJ)- Raymond Lepinay et Serge Kroichvili (UNML)

Les rédacteurs des préconisations :

Annie Jeanne (ANDML)- Hervé Fernandez (ANLCI)- Jonathan Tetas (apprentis d’Auteuil) - Sophie Bosset-Montoux (CIDJ)- Inès MININ (CFDT)- Alexandre Viscontini, Johanna Buchter et Alexandra Menis (DIHAL)- Léa Pierret (FFJ)- Valérie Dreyfuss et Théo Thieffry (Laboratoire de la Mobilité Inclusive LMI) - Gérard Hernja (Docteur en Sciences de l’Education, responsable formation EC et conseiller technique du LMI) - Quentin Antoine (Pôle emploi) - Jean-François Umbria (RATP)- Tommy Veyrat (UNCLLAJ)- Raymond Lepinay et Serge Kroichvili (UNML) – Sandrine Charnoz (Vice-présidente de la commission insertion des jeunes)